Expressions courantes

Régulièrement je proposerai une recherche étymologique, sémantique d'une expression

"Tu n'as qu'à mettre ta robe noire"

Robe noire longue

L'indémodable... Le vêtement caméléon.... D'une mixité reconnue.... Sans barrière sociale....

Mais pourquoi donc toutes les femmes ont une robe noire dans leur armoire ? Pourquoi les hommes de loi portent-ils la robe ? Quel lien pourrait-on établir avec la soutane religieuse chrétienne ou le "djilbab" musulman ? Et la robe maçonniqe ?

"La petite robe noire est un élément essentiel de la garde-robe d'une femme" (Dior). L'après-guerre la met à l'honneur : elle illustre le deuil des femmes, la simplicité de leur domestique quotidien, la sobriété. Les plus grands couturiers s'en emparent, l'adaptent ; nue ou accessorisée elle est atemporelle.

Soutane noire

Peut-on chercher une origine lointaine en la soutane noire des prêtres ? Elle aussi illustre la tristesse, le deuil. Soutane ou robe, le terme change mais le costume demeure. L'habit est simple et signale le renoncement aux valeurs humaines : plaisir, séduction, pouvoir, argent. Porter la soutane permet alors de différencier le prêtre / sacré du citoyen / profane.

Robe magistratD'autres institutions se saisissent de cette symbolique. Le corps judiciaire : "la robe est un symbole d'uniformité, d'égalité entre les 3 magistrats qui composent le tribunal et de rappel à ceux-ci des devoirs de leurs charges (...) Symbole, la robe est signe d'intemporalité, d'universalité. La permanence du costume judiciaire représente la permanence de l'institution judiciaire et sa capacité à maintenir ses rites." (A.Girardet, Vice-Président du Tribunal de Grande Instance de Paris). 


Robe maconniqueCes précédents énoncés semblent converger vers quelques points essentiels : se distinguer du profane par le respect (la révélation) de certaines valeurs universelles. L'idée de rite est également importante. Cela s'observe en Grande Loge Féminine de France où le port de la robe noire au patron formé d'une croix révèle le dynamisme, la mort et la quête d'un équilibre.

Ainsi, cette robe noire se charge de sens. Parfois trop car la vue d'une longue robe noire... d'une soutane ou ... une longue tunique noire... le djilbab, la notion d'intégrisme renaît. Alors même que porter l'une ou l'autre révèle une sincère piété.... cet acte devient signe de bravoure en notre époque.

Si la robe noire meuble les placards, la porter révèle autant, peut-être plus qu'elle ne cache.

Hyménée

L'argent et le mariage sont les moteurs d'une société et les thèmes de prédilection de la littérature classique. L'Avare , de Molière, se prête à merveille à leur étude sémantique ; on y découvre une grande richesse lexicale qui met en scène : la flamme, l'inclination et l'hymen. Ce dernier terme interroge beaucoup et régulièrement la question discrète, pseudo-naïve voire quasi-rhétorique, perce : "Mais, Madame, je pensais que l'hymen, c'était, euh... pour désigner chez la femme.." Ben oui... mais nan... Car vu sous cet angle, c'est effectivement beaucoup moins glam'.

Hymen et cupidon

Les dieux Hymen et Amour/Cupidon président aux unions, aux recontres amoureuses. Cupidon est fils de Mars et Vénus, frère aîné d'Antéros. Il provoque de ses fléches qu'il manipule depuis son plus jeune âge, il touche les mortels au coeur et enflamme les sentiments. Hyménée lui partage l'ascendance maternelle et son père serait Dyonisos. (mais il faut admettre que sa généalogie demeure floue et propose 3 arbres différents) Il est le dieu du mariage. Un mythe le fait mourir -sous les traits d'un jeune homme- le jour de ses noces sous sa maison. Depuis, pour lui rendre hommage car il chantait merveilleusement bien, des chants accompagnent chaque union.

Un autre mythe, louant sa beauté, égale à celle d'Apollon, et le timbre cristallin de sa voix, prétend qu'il perdit cet organe en chantant le jour des noces de Dyonisos et Ariane.

Ce dieu, dont l'étymologie grecque du nom signifie "mariage" connaît une bonne fortune chez les peintres.

En littérature il ne nous parvient que dans un sens vieilli : "hymen(ée)" est synonyme de "mariage". Le terme "hymne" est également une survivance et désigne "le chant".

Ainsi, pour un même signifiant nous avons un double signifié : la violence de sa disparition, bercée, réconfortée par quelques chants d'apaisement... sous l'égide de l'Amour.

Allegorie de l hymen

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

"Là où le discours en reste aux mots,

la parole engage le corps" (J.Lecoq)

Bienvenue sur mon site. 

En tant qu'écrivain public, je vous propose ma plume pour vos travaux d'écriture, ainsi qu'un partage de mon intérêt pour la langue française et la littérature en général. Je vous soumets également quelques références "papier" ainsi que des sites qui peuvent vous aider au quotidien.

J'espère que vous trouverez la ou les réponses qui vous ont amené jusqu'ici.

N'hésitez pas à proposer des améliorations possibles et à me contacter pour vos travaux d'écriture, qu'il s'agisse de corrections ou de créations.

"Parler est un besoin, écouter est un art "

(Goethe)

×