Expressions courantes

Régulièrement je proposerai une recherche étymologique, sémantique d'une expression

Al-ghoulà

"Tu sais qu'une goule c'est un monstre ?"

Cath drale de strasbourg fa ade gargouille

Goule

Le Robert nous indique qu'il s'agit d'une sorte de vampire oriental femelle ; un synonyme serait : ogresse. Elle affectionne particulièrement les cimetières dont elle exhume les corps et, se nourrit des cadavres qui le peuplent.

Etymologiquement issu de l'arabe : al-ghoulà, il s'agit d'un être fabuleux, présent dans les Mille et une nuits, appatenant à une classe de Jinn, engeance du diable. Cet être change de forme et prend l'apparence d'une hyène ou d'une femme aux pieds fourchus. 

Les racines indo-européennes seraient : [gwel/gwer] signifiant "avaler".

En Ancien Français, on trouve "gole" issu du latin "gula", qui donnent naissance à la "gueule" actuelle. Dès les Xème siècle, elle désigne le gosier, la gorge et, plus exactement la partie du cou où se placent les vertèbres. A partir du XIIème siècle, elle représente la bouche animale ou humaine comme organe qui sert à crier. 

Dès le XIXème siècle, la gueule indiquera par extension la gloutonnerie, la gourmandise ; parallèlement une "ouverture béante". Au XXème siècle se déploie le sens de "forme, aspect".

On découvre une riche famille lexicale dont : "margoulette" issu de l'ancien français "margouiller" signifiant "se souiller" ou plus proche du terme qui titre ce billet : une  Gargouille. Ce mot se constitue des sèmes : [garg]= la gorge // [gouille] = la gueule. Ces mots seraient d'origine essentiellement onomatopéique.

La Goulà est assimilée à Lilith, considérée comme un démon dévorateur ou une déesse chtonnienne selon sa fortune culturelle et littéraire, ou à Baba Yaga, ogresse des contes russes qui dévoraient les petits enfants depuis son adolescence. Dans un premier temps, c'est l'hideur que l'on accentue. Puis, on observe un glissement vers le caractère noir, méchant de l'être.

Babayaga

Pendez-les haut et court

Les sorcières, les voleurs et les loups partagent la potence à défaut de la pitence...

Pendez-les haut et court !

Loup et penduBien souvent cela leur pend au nez, mais encore...

L'étymologie du verbe ne nous éclaire que peu : le latin "pendere" nous offre un verbe transitif signifiant : "être suspendu, pendant, flasque" ; quant à son tour transitif, il nous propose : "suspendre", "peser", puis, par extension : peser mentalement c'est-à-dire : "évaluer", "estimer". Ce dernier sens a été supplanté par "pensare".

Ainsi dès le XIIème siècle, il désigne être suspendu par le haut. On découvre les expressions : "pendre devant" qui devient "pendre au nez"

C'est au XVIIème siècle que l'on décèle les premières apparitions de l'expression "pendez-les haut et court".

La pendaison est un acte de justice rendu ou donné. Dans tous les cas, elle est torture, et synonyme de peine de mort. Mécaniquement elle provoque la rupture du cou, provoque la suffocation puis l'impossibilité de respirer donc... la mort.

Deux explications s'affrontent quant à la longueur de la corde. En effet, il semble que tout le monde s'entende pour que le "haut" soit relatif au meilleur point de vue pour observer la déchéance du corps : les muscles se relâchent et le condamné ne pouvant plus agir,toutes fonctions musculaires détendues provoquent une évacuation générale par tous les orifices possibles.

Gageons qu'un tel spectacle en réjouissait plus d'un !!! Toutefois, la cruauté ne trouve son équilibre que dans la pudibonderie semble-t-il. Ainsi, alors que l'on observait une telle inconvenance sur les corps nus suspendus, on décida de les vêtir... ou de les émasculer...

A présent que le menu est énoncé, on peut soulever le problème du : "court". Beaucoup prétendent que le pendu ne vaut pas la corde qui le soutient, c'est pourquoi elle était courte.

Cependant, au regard d'une telle appétence à la cruauté ne peut-on tout simplement admettre que l'expérience permis de constater une mort bien plus lente et donc plus douloureuse lorsque la corde est courte. En effet, physiquement, plus la corde est longue (de un à trois mètres, les pieds ne touchant pas le sol) plus la force est importante ; alors la nuque se brise rapidement.

Longtemps la peine capitale s'est disputée l'honneur de La Veuve ou du Gibet. Cette mise à mort révèle l'inactivité du corps, indique son apparente soumission. Ainsi, lorsque l'on découvre un Loup suspendu à un arbre comme au début du siècle dernier, ou à un feu de signalisation -il y a peu-, on ne peut que constater que cette mise à mort n'offre aucun procès.

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