Actu au pif... Avoir le nez...

Avoir le nez creux.

Nez

L'actualité a été très prolixe en métaphores. Le nez, le sens olfactif nous a comblé : qu'il s'agisse d'une fin de campagne électorale ou des problèmes d'alimentation en gaz inhérents au conflit d'Europe de l'est. La langue française semble très riche en expressions lorsqu'elle peut utiliser les organes, ceux-ci sont bien souvent détournés par métonymie de leur sens premier ; puis de métaphores "enfilées", nous voilà dotés d'un champ lexical fastueux.

A l'instar de l'oeil qui symbolise la clairvoyance, la perspicacité, le discernement, le "nez" sert davantage l'intuitif que le raisonné.

Etymologiquement issu de "nasus" désignant le "nez humain" puis, par métonymie le sens de l'odorat, la finesse du goût associé à une valeur satirique. Une analogie formelle permet de désigner le goulot ou l'anse d'un vase.

Dès le XIIème siècle apparaissent des expressions figurées, ainsi : "pendre devant le nez", ancienne forme de "pendre au nez". Au XVème siècle naît "tirer du nez", et au XVIème siècle : "ne pas regarder plus loin que le bout de son nez", "se laisser mener par le bout du nez". A cette époque, le "nez" s'emploie de façon métonymique pour désigner le visage pour ensemble ou partie d'une personne. Ainsi découvre-t-on des expressions : "fourrer le nez", "à son nez et à sa barbe", "nez à nez".

Les gravures du XVIème siècle révèlent un diable au nez crochu. N'est-ce pas là l'image que nous véhiculons de la sorcière ?... avec, en sus, un E-NOR-ME "poireau" ...?

Dès le XIXème siècle se greffent des valeurs symboliques. La première relative à la longueur ; on parlait du "nez de l'aune", quant au "pied de nez", il désignait le pied comme mesure et a permis l'apparition de l'expression "faire un pied de nez". La distance se présente minime et permet les expressions "à vue de nez" signifiant "approximativement", "se manger le nez" synonyme de "se disputer" puis enfin l'origine de ce billet : "avoir le nez long, fin, creux".

Le "long" nez revêt plusieurs significations : le mensonge ou faire la tête, être déçu. On se souviendra agréablement de Pinocchio, ou d'une tendre enfance qui nous faisait jurer la vérité en tenant le bout du nez pour qu'il ne s'allonge... le "nez creux" révèle un nez débouché. Ainsi, humer à plein permet de prévoir dans un premier temps la météo, puis par extension, le ciel et ses aléas. Avoir de l'intuition semble l'expression synonyme la plus ajustée.

C'est également ce siècle qui découvre les locutions "avoir dans le nez", "avoir du nez" ; cette dernière est issue du domaine de la vénerie et semble attestée également dès le XVIème siècle. L'association au travail du chien de sang est sous-jacente.

Chaque civilisation -société en l'occurrence- conçoit le "nez", le "groin". Certaines tribus africaines concoctent des mixtures à base de groins de porcs, de truffes de chiens ou de museaux de hyènes. Celles-ci permettent d'établir un lien magique avec les esprits. En Sybérie, les chasseurs conservent les nez/museaux des prédateurs pour protéger le foyer.

Au XXème siècle renaît la croyance antique populaire qui établit un lien entre le nez de l'homme et son pénis. Le docteur Fliess, correspondant du Docteur Freud développe cette théorie. Ainsi, la psychanalyse naissante a pu être enclin à théoriser sur ce phénomène. Toutefois, Freud abandonna assez rapidement cette thèse fantaisiste.

Parallèlement, les sciences dures se développent et permettent de justifier les sciences intuitives qui nous servent depuis la nuit des temps. Ainsi, l'expression : "(ne pas) sentir quelqu'un" révèle que l'organe sus-nommé permet de détecter notre sympathie ou antipathie envers une personne, qu'il oriente les désirs, les paroles et guide notre marche. Cette intuition a été fondée lorsque la science a prouvé que l'odorat permet au nourrisson d'appréhender le monde. Dès la naissance, il différencie l'odeur de sa mère de toute autre femme. Celle-ci est sécurisante et réconfortante, elle assure sa survie. Ainsi, c'est par le nez que le nourrisson, l'être humain tisse ses premiers liens affectifs. Si une odeur est compatible avec celle de sa mère lors de ses premiers mois, alors il pourra "sentir cette personne".

Depuis très peu de temps les chercheurs viennent de révéler que l'odorat humain pouvait développer 100 000 odeurs. Le vrai problème : la concurrence inconsciente avec la vue. Dès que sa vue se stabilise, l'être humain met son odorat en "stand by".

Que retenir, si ce n'est l'intuitif ?

étymologie

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